Chronique par Guy Sitruk sur Jazz à Paris (08 novembre 2011)
Premier opus du label Dark Tree avec ce trio : Daunik Lazro (bs), Benjamin Duboc (b), Didier Lasserre (dms) et ce titre étrange « Pourtant les cimes des arbres … ».
Une ouverture quasi électroacoustique. Des rugosités, des régularités industrielles sans qu’on puisse y associer quelque scène que ce soit. Matières sonores entre frottements et clapotis, vombrissements et brisures, claquements et vibrations, cornes de brumes et stridences électroniques, bien des trames sont mises en espace.
Errances acoustiques pourtant liées à une lutherie classique : un sax baryton, une contrebasse et une batterie.
Un voyage inouï d’une inventivité peu commune par trois figures majeures de la musique improvisée.
Mais aussi le sentiment qu’à l’occasion de cette rencontre, il fallait que chacun se dépasse pour converger vers un ailleurs.
Et, comment dire ? Un discours tellement sûr de lui-même qu’il peut effleurer les frontières du free, oser des séquences mélodiques, frôler divers genres esthétiques sans y perdre une once de sa cohérence.
L’exemple peut-être le plus saisissant est donné par la dernière pièce « Retiennent la pluie », une dramaturgie cinématographique, des stridences et des cris qui nous saisissent … et toujours cette exigence du travail sur les matières sonores.
Bouleversant !

Lors d’un précédent post sur ce même CD, l’accent était mis sur l’imaginaire véhiculé. De fait, il pourrait s’écrire plusieurs chroniques n’épuisant pas la richesse de ce discours.

Il est d’usage ici de mettre en ligne des extraits musicaux. Certains vous sont proposés sur le site de Dark Tree. Allez y et profitez-en pour commander le disque et permettre ainsi au producteur, Bertrand Gastaut (à qui l’on doit le cycle de concerts Jazz@Home) de concocter un autre joyau musical.

 

 

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