Chronique par Jean Buzelin sur Culture Jazz (12 janvier 2018)

Il y a deux-trois ans, l’excellent petit label français Dark Tree publiait, dans ses “Roots Series” un disque remarquable de Bobby Bradford et John Carter enregistré en quintette en 1975 (cf. Culturejazz : « Les disques qui vous ont (peut-être) échappé… », 03/03/2016). Nous retrouvons le trompettiste et le clarinettiste au sein du Vinny Golia Wind Quartet, dans lequel figure également le tromboniste bien connu en France Glenn Ferris, enregistré en concert à Los Angeles en mai 1979 et inédit à ce jour. Cinq pièces, écrites par Golia, qui tour à tour, joue de la flûte, du saxo baryton, de la clarinette-basse, du piccolo, offrent aux quatre souffleurs autant d’espaces communs que de champs libres qui permettent toutes les combinaisons possibles à l’improvisation, qu’elle soit collective ou individuelle. Autant dire que les quatre musiciens, profondément impliqués, s’en donnent à cœur joie : pas de tâtonnements, d’hésitations, de ronds-de-jambes, mais une entrée immédiate et délibérée dans le bain de la création collective dans toute sa force. Ayant déjà dit et écrit tout le bien que je pensais de ces deux musiciens exceptionnels que sont Carter et Bradford, je préfère attirer (un peu) l’attention sur Vinny Golia (né dans le Bronx en 1946), largement ignoré en France. Peu connu encore en 1979, il n’avait enregistré qu’un disque en 1977, avant de faire partie, l’année suivante, du Creative Orchestra de Anthony Braxton avec lequel il vint en Europe (concert à Paris à l’Espace Cardin, et à Cologne enregistré par Hat Hut). Depuis, il en a réalisé des quantités, la plupart sur son propre label Nine Wind. Accompagné d’un livret informatif signé Mark Weber, ce disque est chaudement recommandé aux auditeurs curieux.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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