Chronique par Jean Buzelin sur Culture Jazz (10 septembre 2012)

Il y a des familles musicales, tout le monde le sait et chacun le sent. Ainsi Benjamin Duboc, ici présent, se retrouvait avec Didier Lasserre en compagnie de, devinez qui ? Daunik Lazro pour le premier enregistrement paru sur Dark Tree (cf. CultureJazz tourne-disques avril 2012). Le revoici sur le second numéro de ce tout jeune label, comme pivot central entouré de l’excellent percussionniste Edward Perraud et de la pianiste Eve Risser. Avec six disques à son actif depuis 2007, dont cinq sur le label berlinois Umlaut Records, cette jeune musicienne s’avère comme une exploratrice sonore étonnante, nourrissant le « ventre » de son piano de multiples objets qu’elle bricole souvent elle-même. Certes, le procédé du piano préparé n’est pas neuf, mais il prend chez elle une importance essentielle, ne serait-ce que par le contraste provoqué par les sonorités curieuses et insolites qui viennent contrarier de petites grappes de notes perlées d’une grande pureté. Si la musique, dans son déroulement, possède un caractère un peu répétitif, elle évolue progressivement, grâce notamment au drumming crescendo de Perraud, tandis que Duboc apporte la mouvance et la souplesse d’une presque walking bass insistante. Les deux pièces proposées, se répartissant en deux tiers-un tiers du temps, sont donc de véritables mises en espace, sortes d’installations sonores, mais où l’accumulation des « bruits » délivrés par le piano et les percussions n’engendre jamais dureté ni raideur ni froideur.
Même si le final de la première pièce est un peu long (il fait un peu « disque rayé »), c’est une musique vivante et aérée qui sourd de cet enregistrement, une musique contemporaine qui respire.


 

 

 

 

 

 

 

 

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