Jean Buzelin // Culture Jazz (16 mars 2021)

Commençons par le pianiste-compositeur-arrangeur et chef d’orchestre Horace Tapscott(1934-1999) dont un nouveau disque inédit publié à nouveau par le label français Dark Tree, fait suite à un précédent paru l’an passé, un concert de 1998, et dont nous avions fait grand cas. Cette fois-ci nous remontons plus de vingt ans en arrière, en janvier 1976 avec une rare séance de studio californienne où Tapscott enregistrait, en compagnie d’un Pan Afrikan Peoples Arkestra, quatre pièces dont les titres Ancestral Echoes ou Eternal Egypt Suite, tout comme l’effectif de l’orchestre (sept saxophones sur une vingtaine de membres), peuvent faire penser à Sun Ra. Il est vrai que la démarche possède des points communs. La musique est toutefois différente : pas d’explosions orchestrales ni de solos free, pas de recherches électroniques, mais un enracinement dans l’héritage africain-américain. Des musiques envoûtantes, insistantes, fortement rythmées mais sur des figures complexes qui se répètent dans la durée, happent et transportent l’auditeur dans un univers véhiculant une forte charge spirituelle. Parmi les solistes, citons Steven Smith (trompette), Jesse Sharps (saxo soprano), Charles Chandler et Fuasi Abdul-Khaliq (saxo ténors), Aubrey Hart et Adele Sebastian (flûtes), Wendell C. Williams (cor) et Michael Session (saxo alto) encore présent en 1998 ; tous quasiment inconnus en France.comme l’a longtemps été Horace Tapscott qui résidait et travaillait sur la lointaine côte Ouest. Grâce à Bertrand Gastaut qui, en accord avec la famille, exhume de tels trésors, il est toujours temps de se mettre à l’écoute d’une si belle musique.

 

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