Frédéric Goaty // ★CHOC★ Jazz Magazine (July 2019)

Il y a vingt ans disparaissait Horace Tapscott, figure charismatique de la scène musicale afro-américaine de Los Angeles, dont il était l’un des plus généreux agitateurs, et plus encore brasseurs d’énergie positive. Cet inespéré album live enregistré in situ est un émouvant message d’adieu posthume.
Qu’est-ce qui peut donc nous toucher autant dans la musique d’Horace Tapscott ? Sa force spirituelle ! Tellement plus authentique, vibrante et profonde que les simulacres labélisés spiritual jazz dont on nous rebat les oreilles aujourd’hui. (Seul Kamasi Washington peut se targuer de faire vraiment écho au message musical de Tapscott.) Porté par une pulsation à la fois aérienne et tellurique héritée de Duke Ellington, Sun Ra et Charles Mingus, le jazz selon Tapscott n’est qu’élan mélodique et engagement politique. Ici tout le monde chante ou fait chanter son instrument, bois, cuivres et cordes vocales mêlés. Le Pan Afrikan Peoples Arkestra était un arbre de vie(s) dont les racines étaient implantées dans une Afrique qui n’était pas qu’une banale “carte- mémoire” pour amnésiques en quête de free sons. Pour Horace Tapscott comme pour Randy Weston, l’Afrique était une Terre nourricière – cf., ici, Little Africa et Fela Fela. Avec “The Dark Tree” (Hatology), enregistré en quartette en 1989 avec John Carter, Cecil McBee et Andrew Cyrille, “Why Don’t You Listen ?” est d’ores et déjà à compter au rang des albums essentiels du regretté natif de Houston.

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