Jean Buzelin // Culture Jazz (22 avril 2020)

Chuchotements, petites touches pointillistes, couleurs tirant Vers le bleu… une musique « paysagère », printanière où l’on perçoit le chant des oiseaux, une promenade lente mais non tranquille, car les deux compères sont aux aguets. D’entrée, nous les suivons sans réserve, sans avoir peur de tomber ou de nous perdre. On explore plus que l’on musarde : qu’y a-t-il dans Le Ventre de Socrate ? Mais attention, la déambulation s’accélère, prend sa course sans retenir son souffle…
On ne peut qu’apprécier la qualité du timbre, du son des clarinettes de Sylvain Kassap, la fluidité de son jeu, la clarté de son discours. Et c’est un régal de sentir la profondeur de la contrebasse de Benjamin Duboc, ce son qui vient de l’intérieur, cette rondeur, cette « gravité » parfois douce, qui n’empêche pas les frottements, les claquements sur le bois, les coups d’archet. Kassap, quarante ans de carrière exigeante, rencontre Duboc qui, depuis vingt ans, s’est constitué une importante œuvre discographique, en particulier sur le beau label Dark Tree, affectionnant particulièrement les trios (de toute composition) et les duos, tel celui-ci totalement réussi.
Le Soir descendu sur la piste, le funambule s’endort-il ou bien s’envole-t-il tel un papillon de nuit ? Un très joli disque, une véritable respiration en ces temps d’enfermement.

 

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