Jean-Michel Van Schouwburg // Orynx (22 août 2019)

Le label Dark Tree tire son nom d’une œuvre musicale phare du pianiste et chef d’orchestre Horace Tapscott. Enfin, la publication d’un très beau concert de ce dernier, superbement documenté au niveau prise de son et contenu du livret de pochette (photos, textes, paroles des chants…). Le Pan Afrikan Arkestra est essentiellement un groupe rythmique pulsatoire rassemblant un batteur, un joueur de conga, trois contrebassistes, un pianiste, un chanteur, Dwght Trible qui dirige aussi le chœur, et seulement deux souffleurs, le saxophoniste Michael Sessions et le tromboniste Phil Ranelin. Cinq compositions. Aaiiee The Phantom, Fela Fela et Why don’t You Listen d’Horace Tapscott, Caravan de Duke Ellington et Little Africa de Linda Hill. Cinq pièces s’étendent chacune autour du quart d’heure. Une musique musclée, d’une grande cohésion, chaleureuse, polyrythmique, essentiellement collective avec une saveur indubitablement africaine, inspirée par l’exemple Coltranien, agrémentée de magnifiques chœurs mixtes. Les deux souffleurs interviennent pour souligner l’effervescence de la rythmique, une fois les beaux textes chantés par les voix envoûtantes des Great Voices de l’UGMAA. Michael Sessions envoie ses volutes dans la stratosphère, spécialement au sax soprano dans Little Africa et  Why Don’t You Listen  Ceux-ci parlent de la condition et de l’univers culturel afro-américain ou citent les artistes incontournables de leur musique, Bird, Lady Day, Trane, Cecil, Dexter, Max et leurs membres disparus, comme Lester Robertson et Everett Brown. Leur style vocal est profondément original tant chez les solistes (Amina Amatullah, Carolyn Whitaker et Dwight Trible) que le chœur lui même, majestueux, insufflant une puissance irrésistible à la musique. Comme on peut le voir sur les photos les membres des Great Voice, ils – elles sont habillé.es de dashiki et tuniques africaines. Le Pan Afrikan Orkestra et les Great Voice of the UGMAA offre une version communautaire, communale et collective du jazz, musique généralement basée sur l’expression individuelle originale d’individus. Horace Tapscott a conçu sa musique et le Pan Afrikan comme un moment et un lieu de rencontre/ partage de la communauté noire de Los Angeles dans le but d’élever la conscience de son peuple au point de vue culturel et des droits civiques. Cette aventure avait débuté dans les années 60 et cet enregistrement réalisé lors d’un concert au Musée d’Art Moderne de Los Angeles en 1998 quasiment au terme de l’existence de cette fabuleuse confrérie. Pour ceux des jazzfans qui ne sont pas au parfum, voici le moment venu de découvrir une magnifique facette de la Great Black Music trop laissée pour compte et qui est au cœur de ses expressions.

 

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