Chronique par Jean-Michel Van Schouwburg sur Orynx (12 février 2018)

Saxophoniste révélé récemment à NYC : respiration circulaire, giclées énergiques, extrêmes de l’instrument, Chris Pitsiokos. Violoncelliste réputé et classieux au timbre enchanteur et au sens très sûr du glissando, Daniel Levin. Guitariste électrique saturé, bruitiste, frénétique et abrasif, Brandon Seabrook. Label d’exception produisant quelques pépites (John Carter et Bobby Bradford, Daunik Lazro, Didier Lasserre, Benjamin Duboc, Eve Risser, Edouard Perraud), Dark Tree. Improvisation libre entre les deux pôles guitare électrique et sax alto prenant le violoncelliste en otage en le cernant de sonorités saturées et enregistrées, à mon avis, avec une dynamique impropre. Mais je peux me tromper : est-ce l’intention des artistes ? Cette musique dense, véhémente et chahutée est évoquée par la mâchoire aux dents piquantes d’un poisson des abysses de la famille des Stomidae dont une des espèces intitule chacune des 7 plages de l’album et figue sur la pochette. Un poisson qui mord très fort au point que j’aurais peur de mettre un doigt dans l’eau pour sentir la température avant de plonger. Ce trio dont les musiciens sont d’excellents instrumentistes et de solides improvisateurs, n’en doutons pas, fonctionne trop unilatéralement à mon goût. Ai vu une vidéo de Pitsiokos jouant avec Paul Lytton à NYC, et bien, je pense qu’il ferait bien d’étudier ses enregistrements anciens et récents de ce musicien. La dynamique ! C’est peut-être / sans doute un parti-pris sonore, allez savoir. Les moments où la tension se relâche et les décibels itou manquent de cette dynamique et d’expressivité. Lisez les recommandations de Johannes Rosenberg, John Stevens ou Eddie Prévost ! Mais ça devrait plaire aux auditeurs qui entendent par les yeux du punk et du noise saturé, abrasif, etc…  ou certains fans de Peter Brötzmann, Masayuki Takayanagi ou Keiji Haino.

 

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