**CHOC** JazzMagazine par François-René Simon (juillet 2015)

Un mot d’abord sur le titre, imprimé en majuscules noires sauf le U. Ce qui peut donc se lire/s’entendre Now You Turn, No You Turn, Now Turn, New Turn, etc.
Une polysémie qui fait écho à la magnifique pluralité de cet album live que Bertrand Gastaut est allé chercher je ne sais où et je ne sais comment. Voilà ressuscité le New Art Jazz Ensemble que les deux musiciens formaient à Los Angeles au tout début des années 1970 et c’est un vrai bain de jouvence, de fraîcheur et de sincérité. Bradford et Carter ont joué, le premier avec Ornette Coleman, le second dans l’orbe de l’homme au saxophone en plastique. Ici, ils se lancent d’emblée dans un périlleux et ultra rapide Love’s Dream où les lignes sinusoïdales s’entrecroisent, se parallélisent, s’embrasent dans le soutien frénétique d’une batterie pertinente et de deux contrebasses genre assistance harmolodique. Suit un lamento quasi romantique, She, où le cornet de Bradford en remontrerait, question lyrisme, à n’importe qui. Bon, on ne va pas vous faire le descriptif (d’ailleurs impossible) des cinq morceaux qui composent cet album indispensable à qui veut savoir ce que le mot entente veut dire. Circle nous rappelle que John Carter fut de ceux, avec Giuffre et Braxton, qui sortirent la clarinette d’une certaine poussière jazzistique ; par ailleurs, son solo au soprano dans Comin’ On est tout simplement éblouissant, à la confluence de Coltrane pour l’occupation globale de l’espace et de Shepp pour le son acéré et l’originalité des idées. De surcroît, superbe et informatif livret : seize pages avec texte et photos.

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