VINNY GOLIA

Saxophoniste, clarinettiste et flûtiste américain (Bronx, New York, 01/03/1946). Dans sa famille, on écoute des disques de Louis Armstrong, Duke Ellington, Sidney Bechet, Mario Lanza, mais il préfère le dessin et va croquer les animaux du zoo où son père, amateur de dixieland et de grands orchestres, est employé. Diplômé d’un collège du New Jersey, il commence à vivre de sa peinture et travaille au musée d’Art Moderne de New York, fréquente les clubs de jazz et dessine les musiciens en train de jouer, puis il laisse guider son trait oar leurs improvisations. Parmi ses voisins d’immeuble : Dave Liebman, Chick Corea et Dave Holland. (Un de ses dessins illustre la pochette du « Music From Two Basses » de Holland). A force de rencontres, d’échanges, d’auditions, il décide de jouer et s’achète un soprano. Liebman et Anthony Braxton lui ayant enseigné quelques rudiments, il se met à travailler, seul. Los Angeles, 1973 : encouragé par Corea, Golia peint sous l’influence des musiciens improvisant qui, à leur tour, jouent en suivant sa peinture… Parallèlement, il commence à jouer, notamment au Century City Playhouse où règne Lee Kaplan, manipulateur de synthétiseur et défenseur du Nouveau Jazz – grâce à qui il rencontre Bobby Bradford, David Murray, Oliver Lake, Julius Hemphill, Glenn Ferris, ainsi que John Carter, Baikida Carroll, le guitariste Nels Cline, le percussionniste Alex Cline et le bassiste Roberto Miranda, qui participeront à ses premiers enregistrements. C’est en 1977 qu’il crée sa compagnie phonographique Nine Winds, et produit un premier disque en quartette : « Spirits in Fellowship » (qui sera suivi d’ « Openhearted », « In The Right Order » et « The Vinny Golia Solo »). En 1978, Braxton l’emmène en Europe avec son Creative Orchestra, qui comprend notamment George Lewis, Leo Smith, Kenny Wheeler… Entre-temps, Golia a augmenté son équipement : entre les saxophones, clarinettes, flûtes de toutes sortes, le basson et le sho (orgue à bouche thaïlandais), il joue d’une quinzaine d’instruments. Il enregistre aussi avec Tim Berne, le violoniste L. Subramaniam, Miranda, le saxophoniste Walter Thompson (1980). Au cours des années 80, il se produit en quintette et en duo avec le pianiste Wayne Peet. A la fin de cette décennie, il fait partie de l’octette du tromboniste John Rapson et du Concert Jazz Band de George Gruntz.
Efficace, véloce ou grave, swingant ou lyrique, au gré de sa panoplie instrumentale, avec souvent de beaux sons plutôt classiques, il obtient un aimable équilibre entre l’arrangement de contrastes et chocs mesurés, des couleurs rythmiques épaisses, et des bouffées où le débridé est savamment dosé. Postfree, pourrait-on dire, pour indiquer que la musique de Golia semble avoir phagocyté l’acquis des premières années 70 mais, paradoxalement, en y mettant un peu d’ordre, en agissant et épointant tout « excès ».
Philippe Carles – Dictionnaire du Jazz
http://www.vinnygolia.com

VINNY GOLIA WIND QUARTET LIVE AT THE CENTURY CITY PLAYHOUSE – Los Angeles, 1979 DT(RS)08

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